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Femmes et filles vulnérables: ONU Femmes s’imprègne des avancées du projet Muskoka à Bohicon.

En mission d’évaluation, une délégation de Onu Femmes conduite par Dr Diana Bandaou, du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a visité le vendredi 7 août 2027 les bénéficiaires du projet intégré pour l’autonomisation des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre à Bohicon.

La ville de Bohicon a accueilli une délégation de Onu Femmes conduite par Dr Diana Bandaou, responsable des questions de santé, genre et santé sexuelle et reproductive au Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette visite s’inscrit dans le cadre du projet Muskoka, financé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la France, qui appuie six pays de la région dans la lutte contre les violences faites aux femmes et les filles, tout en favorisant leur autonomisation. Ne disposant pas de bureau physique au Bénin, Onu Femmes collabore avec le Mutuel des jeunes chrétiens pour le développement (Mjcd), une organisation locale qui met en œuvre les activités sur le terrain. Durant trois jours, des sessions d’échanges et de renforcement de capacités ont permis d’évaluer les résultats obtenus, d’identifier les défis et de définir des stratégies pour accélérer l’impact du projet. La délégation a été chaleureusement accueillie par le maire de Bohicon, Ferdinand Yaou Bokossa, qui a réaffirmé son engagement en faveur de l’autonomisation et de l’alphabétisation des femmes, ainsi que la création d’une Maison de la Femme. Ce soutien institutionnel a été salué par Dr Bandaou comme un signe fort de convergence des objectifs. Après la rencontre de courtoisie avec l’autorité communale, la délégation s’est rendue dans les centres d’apprentissage où sont formées des filles et femmes vulnérables. Ces bénéficiaires, souvent victimes de violences basées sur le genre, y apprennent des métiers tels que la couture, la coiffure ou le tissage, dans le but de retrouver autonomie et dignité.

Sainte-Famille : la maison d’une seconde chance

Parmi les moments marquants de la visite figure la rencontre avec les enfants pris en charge à la Maison Sainte-Famille. Entre formation professionnelle, insertion économique et accompagnement psychologique, ce centre devient un véritable tremplin vers l’autonomie et la dignité. Victimes de violences et bénéficiant d’une éducation scolaire, professionnelle et sociale, les pensionnaires ont accueilli leurs hôtes dans la liesse une populaire chargée d’émotion. Chants, danses, animations folkloriques et cris de ralliement ont ponctué les interventions, réchauffant le cœur des membres de la délégation et attirant leur attention sur les difficultés qu’ils vivent au quotidien. Au cœur du centre féminin appuyé par l’Ong Mjcd, les histoires de résilience s’écrivent chaque jour. Ici, 54 filles, certaines orphelines, d’autres rescapées de mariages forcés ou de violences domestiques, sont accueillies et accompagnées. La plus jeune a 4 ans, la plus âgée 17. « Dès leur arrivée, celles qui peuvent intégrer une formation sont orientées vers la coiffure, la couture ou le tissage. Les élèves, elles, sont directement inscrites à l’école », explique Lydie Ahodékon, facilitatrice du projet au sein de l’Ong Mjcd. Les résultats sont tangibles. Certaines filles formées en tissage ont déjà été libérées et réinsérées dans leur famille ou installées professionnellement. Pour celles qui ne peuvent retourner chez elles, un suivi est assuré afin de garantir leur sécurité et leur avenir. Mais des efforts restent à faire étant donné que les pensionnaires et les encadreurs ont exprimé des doléances relatives à l’insuffisance de matériel, d’utilitaires, à la prise en charge des frais de scolarité des enfants et à l’alimentation. Très sensible aux défis à relever, la représentante de Onu Femmes se veut rassurante. Elle a salué le travail qui est fait sur le terrain.  « Ce n’est pas parce qu’on est victime de violence que la vie est terminée. Ici, vous êtes protégées, éduquées et formées à un métier. Une femme autonome construit son avenir, mais aussi celui de sa famille et de toute la société» a-t-elle rappelé aux pensionnaires tout en leur demandant d’être dociles et engagées. Le centre féminin de Bohicon est désormais un symbole, celui d’une société qui refuse de laisser les filles vulnérables sans avenir, et qui croit en la force de l’éducation et de l’autonomie pour bâtir un futur meilleur. De la Maison Sainte-Famille des religieuses, cap a été mis sur Houawé où la délégation a rencontré le roi Dako-Donou Kpogbémabou, acteur clé dans le changement des normes sociales discriminatoires, dont l’implication renforce la légitimité des actions menées au sein des communautés par Mjcd. Jacqueline Dako, l’une des bénéficiaires de l’appui de Onu Femmes a retracé son parcours ç travers des témoignages poignants. Mais grâce aux séances de sensibilisation et d’accompagnent de l’Ong Mjcd, elle se refaire. Selon Augustin Babagbéto, chargé du programme au sein du Mjcd, l’implication des artisans et des leaders religieux est essentielle pour l’atteinte des objectifs. « Quand ces autorités nous accompagnent, la transformation des normes est plus rapide. C’est un travail collégial qui donne des résultats concrets», a-t-il souligné.

Formation professionnelle et appui économique, une solution durable

Dans le but de lutter efficacement contre les Violences faites aux filles et aux femmes, l’Ong Mjcd mise sur l’autonomisation des filles et des femmes qui passe par la formation professionnelle et des appuis divers. C’est dans cette optique que l’Ong sous financement de Onu Femmes et de Muskoka a inscrit plusieurs filles dans des centres de formation professionnelle  agrées. Ainsi, trois filles survivantes des Vbg et victimes de mariage forcé ont été mises en formation  dans le centre d’apprentissage ‘’Olaïdé Coiffure et Tresse’’ dont la responsable, Zoulia Zossou, est reconnue pour ses œuvres caritatives en faveur des personnes vulnérables. Suite à une brève présentation du centre par Ghislaine Assèdé Gbèdolo, l’animatrice du Mjcd, Percide Sagbo, sauvée des griffes du mariage forcé et bénéficiant d’une formation en coiffure et tresse, n’a pas taris de reconnaissance envers Onu Femmes, le Fonds  Muskoka et Mjcd. A en croire ses confidences, elle est en de bonne main chez Zoulia Zossou qui lui transmet les connaissances. Le projet ne se limite pas à la formation. A Saclo, certaines femmes bénéficiaires ont reçu un appui financier pour lancer des activités génératrices de revenus. L’une d’entre elle spécialisée dans la transformation de l’arachide, témoigne : « Avec l’appui reçu, j’ai pu acheter la matière première et les équipements. Aujourd’hui, je vends au marché et je peux subvenir aux besoins de ma famille.» Sa seconde s’investit plutôt dans la revente de chaussures ou d’autres petits commerces. Par contre une autre jeune femme a bénéficié d’un appui en équipement ce qui lui a permis d’acquérir à ses propres frais une seconde machine à coudre au bout de quelques mois de travail. Ensemble  avec une de ses paires aussi en difficulté elles travaillent pour gagner leur vie. Preuve que l’autonomisation économique est une clé pour sortir durablement de la vulnérabilité.

Projet intégré contre les violences au Bénin, une approche holistique

Porté par le Mouvement des jeunes pour la citoyenneté et le développement (Mjcd) avec l’appui de Onu Femmes et du Fonds Muskoka, le Projet intégré pour l’autonomisation de la femme et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles déployé à Bohicon et Toffo accompagne plus de 5 700 bénéficiaires. L’objectif est  d’autonomiser les femmes et adolescentes vulnérables, lutter contre les violences basées sur le genre et transformer les normes sociales. Il agit sur plusieurs fronts : sensibilisation, prise en charge et autonomisation économique. Dans les dix arrondissements de Bohicon et dans la Commune de Toffo, le projet  touche directement plus de 1 000 bénéficiaires et indirectement près de 5 700 personnes grâce aux activités communautaires. Les adolescentes, les jeunes en formation professionnelle, les mères d’enfants et les pairs éducatifs sont au cœur du dispositif. « Quand nous identifions des cas de violences basées sur le genre, nous les référons vers les structures de prise en charge. Mais nous savons que la vulnérabilité demeure. C’est pourquoi nous avons choisi d’autonomiser les victimes », explique Augustin Babagbéto. Les bénéficiaires sont accompagnées dans la mise en place d’activités génératrices de revenus, soutenues par des micro-plans financés par le projet. Les plus vulnérables, notamment les orphelines, sont orientées vers des centres de formation professionnelle grâce à des partenariats avec des artisans locaux. Le projet mise aussi sur l’implication des leaders religieux, considérés comme des relais essentiels pour transformer les normes sociales. « Si les leaders partagent notre vision, les résultats seront plus significatifs », souligne-t-il. Au-delà de l’accompagnement économique, le projet a permis de briser des tabous. Les adolescentes abordent désormais plus librement les questions liées à la sexualité et n’hésitent pas à signaler les cas de harcèlement ou de violences. En perspectives, deux priorités se dessinent : étendre les activités à d’autres Communes et renforcer la collaboration avec les leaders religieux. Pour Augustin Babagbéto, la clé reste l’information et la formation : « Éradiquer totalement ces cas sociaux est difficile. Mais si les gens ont l’information et les compétences nécessaires, ils peuvent se défendre. La prévention est notre arme la plus efficace.» Avec ce projet, le Mjcd et ses partenaires posent les bases d’une société plus inclusive, où les femmes et les filles vulnérables trouvent non seulement protection, mais aussi les moyens de bâtir leur avenir.

Point de la mission

Les bénéficiaires, notamment des femmes devenues coiffeuses, couturières ou commerçantes grâce à l’appui du Mjcd, ont exprimé leurs doléances liées à un soutien plus large et plus inclusif. Dr Bandaou a assuré que la coopération entre Onu Femmes et Mjcd se poursuivra et s’intensifiera pour répondre à ces attentes. Entre autonomisation des femmes, prise en charge des victimes de violences et engagement des autorités locales, la dynamique enclenchée ouvre des perspectives prometteuses pour l’égalité de genre. Tel est également  le constat général fait par la cheffe de la mission. Dr Diana Bandaou a salué les résultats du partenariat avec le Mjcd dans le cadre du projet Muskoka. Elle a exprimé sa satisfaction et décerné un satisfecit au personnel du Mutuel des jeunes chrétiens pour le développement (Mjcd), bras opérationnel de Onu Femmes au Bénin. Elle  a aussi reconnu  l’engagement de l’équipe et la pertinence des actions menées, qui contribuent à transformer durablement la vie des bénéficiaires. Elle n’a pas passé sous silence le rôle du Remapsen, Réseau panafricain engagé aux côtés de Onu Femmes, notamment lors des campagnes des 16 jours d’activisme. Ce partenariat, qui relie les organisations locales aux initiatives régionales, est perçu comme une réussite et un modèle de collaboration pour l’avenir

Zéphirin Toasségnitché

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