L’ONG Mutuelle des Jeunes Chrétiens pour le Développement attire l’attention de l’opinion publique sur des VBG faites aux femmes et filles dans l’espace numérique. Une pratique que très peu des victimes dénoncent. A la faveur du rendez-vous mensuel du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) mercredi 14 janvier dernier à Cotonou, la MJCD a partagé avec les membres du réseau des statistiques sur ce phénomène en vogue au Bénin.
C’est un secret de polichinelle que les cas de VBG sont légions sur les réseaux sociaux. En partenariat avec ONU Femmes à travers les fonds MUSKOKA, la MJCD est en croisade contre ce phénomène qui s’en va grandissant si on y prend garde. Les acteurs de la presse ont alors besoin de mieux savoir sur cette pratique afin de produire des contenus de presse conséquents et sensibiliser les abonnés des espaces numériques pour des changements de comportement. Les échanges entre la MJCD et le REMAPSEN ont eu lieu au siège de l’ONG à Fidjrossè autour du thème : « Cyberviolences et violences basées sur le genre en ligne : comprendre, prévenir et protéger ». A l’ouverture des discussions, c’est le Coordonnateur national du REMAPSEN Michaël Tchokpodo qui prend la parole pour saluer l’engagement de la MJCD et celui de ses partenaires à l’effet de la défense et de la protection des droits humains. Il fera également observer que les violences basées sur le genre sont sans limite et atemporelles, raison pour laquelle les professionnels doivent alors constamment rester en état d’alerte. Il sera renchéri par le Directeur Exécutif de MJCD ONG Dr Faustin Djagba qui met un accent sur le caractère sociétal et humain de la lutte contre les VBG. « La violence n’aboutit jamais à quelque chose de positif. Et elle est très pernicieuse. Son contraire, c’est la paix. Nos pensées, comportements et décisions ainsi que nos attitudes doivent être imprégnées de paix », déclare le Directeur exécutif de la MJCD.

Dr Faustin Djagba, Directeur Exécutif de MJCD-ONG
Dans le vif du sujet, les journalistes membres du REMAPSEN ont été entretenus par le Responsable Projet de Promotion de Santé Communautaire Nutritionnelle et de l’Equité Genre (PISEG) Jean-Baptiste Amoussou. Sur la base des données issues des enquêtes nationales en l’occurrence le MICS 6 (Multiple Indicator Cluster Survey 6) soutenues par des rapports de l’Institut National de la Femme, il présente un état des lieux qui retient l’attention des participants. Les chiffres renseignent que 15 % des jeunes femmes âgées de 25 à 29 ans déclarent avoir déjà subi une forme de cyberviolence : menaces de violence et les injures discriminatoires. Le harcèlement sexuel est l’une des formes de VBG les plus fréquentes. Mais il est étonnamment vrai de constater que seules 3 % des victimes portent plainte, par peur d’être stigmatisées et du manque d’information sur les mécanismes de recours. Les personnes les plus exposées sont des adolescentes et jeunes femmes utilisant les réseaux sociaux à des fins commerciales. Près d’un tiers des victimes finissent par se retirer totalement des plateformes numériques. Face à ce tableau qui fait observer la montée en puissance des violences numériques sur le genre, il va sans dire que les médias s’engagent se positionner pour informer, sensibiliser et interpeler à travers des productions de presse pour arrêter la saignée.
Sènankpon M. GLIN




